Je me regarde et ne me reconnais pas, je ne me comprends plus.
Tous les prétextes sont bons pour justifier mes mauvais choix. Je m'enfonce dans une surenchère de n'importe quoi, je me perds dans des actes irréfléchis, ne pensant aux conséquences que trop
tard.
J'ai repris le travail aujourd'hui, trop tôt, je le sens, je le sais, on me le dit. Je ne supporte pas les regards plein de compassion de mes collègues qui m'encouragent à prolonger mon arrêt
maladie.
Un ami de longue date que j'ai largement délaissé depuis quelques temps m'a appelée aujourd'hui. Je lui annonce mon futur départ. Il ne comprend pas, pas plus que les autres, personne ne comprend
cette décision, l'abandon de mes concours....
Et s'ils avaient tous raison. Je ne trouve plus d'arguments pour justifier ce choix : rien qui ne l'encourage, rien qui ne le décourage.
J'ai deux visites d'appartements demain : j'ai oublié que je travaillais.
Une personne devait venir voir le mien ce soir : j'ai oublié.
Je suis passée de matin aujourd'hui pour faire une visite de locaux : je n'y suis pas allée, encore oublié.
Trop occupée à naviguer en eaux troubles.
Je ne raisonne plus qu'en termes de devoir : je dois trouver un boulot, je dois trouver un appartement.
J'en oublies l'essentiel : les vraies personnes qui gravitent autour de moi. Des personnes qu'involontairement je blesse.... peut être pour éviter que ce soient
elles qui le fasse les premières.
A force d'entendre les gens me répéter que je fais une énorme erreur je finis par en commettre, je ne voudrais pas les décevoir, je préfère leur donner raison.
Trop occupée à éviter de réfléchir je m'éparpille : je sanctionne, je trahis, j'agis d'abord, je réfléchis après.
Personne ne m'en veut, tout le monde me plaint, me plaint d'avoir pris cette décision inconsidérée.
Seul A. m'encourage. Je commence à réaliser qu'il n'y voit que son propre intérêt : tu seras plus près, c'est bien commode. Aucune considération pour mes projets professionnels, juste le côté
pratique de la chose.
Alors je me venge, je me veux blessante à mon tour, bien évidemment je ne choisis pas les bonnes personnes, je sème ma colère sur les seules susceptibles de me comprendre.
Je ne sais pas quelles certitudes je cherche dans le regard des autres, mais j'en arrive à éviter de croiser le mien.
Je me perds....
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